A Corp[s]

Le texte d’Artaud « La question de pose….» extrait de Pour en finir avec le jugement de Dieu est mis à l'épreuve du concept de Corps sans Organe du philosophe Gilles Deleuze.

 

Tout est donc une question de flux et les interprètes travaillent leur écoute pour réagir à comment ces flux de notes, de mots, le corps et l’espace modifient à chaque fois la perception du plateau et ils cherchent en fonction de comment ils se déplacent, proposent, une organicité connectée et non un organisme ou une organisation prédéterminés.

 

La recherche sonore et l’interaction avec le texte 

 

Etant donné que la notion de Corps sans Organe est reprise par Deleuze à partir d’un texte d’Antonin Artaud, la thématique de corps qui sort, dépasse et ne correspond pas à la finitude de l’enveloppe corporelle, permet à Marie Mercier d’explorer diverses sonorités à partir de ces instruments : clarinette, clarinette basse et clarinette contrebasse. Ces sons ne sont pas en illustration du texte mais provoquent le texte, déplacent le jeu de l’acteur, travaillent la langue et le sens.

 

La recherche corporelle et l’interaction avec le son 

 

Parallèlement, cette tension avec l’instrument instaure un état de jeu schizophrénique pour l’acteur. Son corps est l’instrument et son texte est dans l’espace, il le dit, avance au-dedans en fonction des impulsions qu’il perçoit et provoque par ses mouvements. C’est donc une partition très engagée physiquement que l’on va développer avec Jérôme Denis .

Mise en scène  Isis FAHMY

Avec Jérôme DENIS et Marie MERCIER

Image Giuseppe GRECO

Production Esther NISSARD

Fondation l'Abri - Genève - Janvier 2016

« Voilà ce qu’il faut comprendre : l’onde parcourt le corps : à tel niveau un organe se déterminera, suivant la force rencontrée ; et cet organe changera, si la force elle-même change, ou si l’on passe à un autre niveau. Bref, le Corps sans Organe ne se définit pas par l’absence d’organes, il ne se définit pas seulement par l’existence d’un organe indéterminé, il se définit enfin par la présence temporaire et provisoire des organes déterminés.»

 

 

Gilles Deleuze, Logique de la sensation